Handicap et intérim, ce qu’il faut retenir
- En tant que travailleur intérimaire handicapé, vous avez le droit à des aménagements particuliers (poste de travail, horaires…).
- Vous bénéficiez d’une surveillance médicale renforcée.
- Vous pouvez postuler dans tous les secteurs d’activité dès lors que vous avez les compétences professionnelles requises.
- L’agence d’emploi peut (et doit) vous trouver des missions temporaires compatibles avec votre handicap.
- Mettez en avant vos compétences et aptitudes ainsi que votre personnalité lors d’un entretien d’embauche, plus que votre handicap, car c’est ce qui compte le plus.
- La loi du 20 décembre 2023 reconnaît le handicap comme motif légitime pour le recours à l’intérim, ce qui facilite votre recherche d’emploi.
Comment préparer sa mission d’intérim quand on est travailleur handicapé ?
L’intérim et le handicap ne sont pas incompatibles. Prévenez les agences d’emploi dans lesquelles vous postulez pour qu’elles trouvent des missions de travail temporaire adaptées à votre situation. C’est essentiel pour la prévention des risques professionnels et l’anticipation des besoins d’aménagement de poste au sein des entreprises d’accueil.
Concrètement, vous avez le droit :
- de bénéficier de la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) qui vous assure un statut reconnu par la loi et facilite votre insertion professionnelle ainsi que votre maintien dans l’emploi (vous ne pouvez pas être discriminé en raison de votre handicap) ;
- d’être informé sur les risques professionnels du poste (port de charges lourdes, position debout prolongée, bruit, travail de nuit…) et de bénéficier d’aménagements qui le rendent compatible avec votre handicap ;
- de passer une visite d’information et de prévention (VIP) avant la prise de poste ;
- de bénéficier d’une surveillance médicale renforcée.
L’essentiel est de dire à l’agence d’intérim que vous êtes en situation de handicap, de ne pas le cacher, car tous ne sont pas visibles et votre employeur doit assurer votre santé et sécurité au travail.
La loi française oblige les entreprises de 20 salariés et plus d’employer au moins 6 % de travailleurs handicapés. C’est ce qu’on appelle l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés (OETH). Ce dispositif s’applique à tous les types de contrats de travail : le CDI, le CDD, et le contrat d’intérim (mission ponctuelle ou CDI intérimaire).
Qu’est-ce qu’un handicap ?
On s’imagine souvent que les personnes handicapées sont en fauteuil roulant, malvoyantes ou autres, mais ce n’est pas toujours le cas. Vous pouvez souffrir de difficultés motrices comme un mal de dos, une sciatique chronique, ou encore de maladies invalidantes, comme le diabète, un cancer, la sclérose en plaques…
L’article L114 de la loi pour l’égalité des droits et des chances donne la définition du handicap : « Constitue un handicap, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».
Quelle que soit votre situation, handicap et travail en intérim restent compatibles ! Par ailleurs, de nombreuses idées reçues circulent dans le milieu professionnel et sont fausses :
- Moins de 5 % des personnes souffrant d’un handicap moteur se déplacent en fauteuil.
- 93 % des entreprises ayant recruté des personnes handicapées se disent satisfaites (source : Agefiph).
- Les aménagements de poste sont nécessaires seulement dans 10 à 15 % des situations (matériel ergonomique, organisation du travail…).
- Tous les secteurs d’activité sont ouverts aux personnes handicapées dès qu’elles possèdent les compétences recherchées ou la capacité de les apprendre.
Par ailleurs, le handicap peut toucher tout le monde. À la suite d’un accident du travail, par exemple, d’une maladie professionnelle, du vieillissement ou encore de l’usure professionnelle.
Source : DREETS, affiche sur les idées reçues concernant les travailleurs handicapés
Handicap : comment aménager un poste de travail ?
Tout dépend du handicap. L’aménagement du poste n’implique pas forcément de gros changements. Acheter du matériel ergonomique comme une table assis-debout ou un siège de bureau ergonomique pour soulager les problèmes de dos peut suffire.
L’approche doit être personnalisée, car il n’existe pas de solution universelle : chaque situation de handicap est unique. Parmi les solutions concrètes qui permettent de prévenir les risques professionnels, on retrouve :
- l’ergonomie du poste de bureau, qui permet aussi de prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS) et de ne pas les aggraver.
- Les adaptations techniques pour les handicaps sensoriels, comme les logiciels de synthèse vocale, les claviers adaptés, un éclairage plus fort…
- Les aménagements organisationnels, comme la modification des horaires de travail et la mise en place de pauses régulières.
Discutez-en avec l’agence de travail temporaire et l’entreprise d’accueil pour trouver des solutions qui vous conviennent et ne vous mettent pas en danger. C’est votre droit.
Suivi médical : comment ça se passe ?
Tous les travailleurs en situation de handicap bénéficient d’un suivi médical adapté à travers une visite d’information et de prévention initiale, réalisée par un professionnel de santé, comme un médecin du travail. Elle doit avoir lieu avant la prise de poste.
Vous bénéficiez également d’une visite d’information et de prévention périodique, à renouveler tous les 3 ans maximum.
Par ailleurs, toutes les entreprises d’au moins 250 salariés disposent d’un référent handicap. Ce dernier peut vous orienter et vous accompagner tout au long de votre mission.
Quels sont les équipements de protection individuelle (EPI) adaptés ?
L’entreprise utilisatrice doit fournir les équipements de protection individuelle, comme les gants, les chaussures de sécurité, les protections auditives, etc. Elle doit aussi les adapter à votre situation. Seuls certains EPI personnalisés, prévus par accord collectif, peuvent être fournis par l’agence.
Dans tous les cas, vous ne devez jamais payer vous-même vos équipements de sécurité, adaptés ou non. Si un équipement standard ne convient pas à votre situation (par exemple une chaussure de sécurité incompatible avec une orthèse), c’est à l’entreprise utilisatrice de trouver une alternative avant votre prise de poste.
Pendant la mission : quels sont vos droits ?
En tant qu’intérimaire en situation de handicap, vous disposez des mêmes droits que les autres salariés en matière de santé et de sécurité au travail, avec une protection renforcée.
- Le droit à l’information : vous devez être informé sur les risques liés au poste, les conditions de travail et les mesures mises en place avant le début de la mission.
- Le droit à l’aménagement et le droit à la compensation : si vous avez une RQTH, l’entreprise utilisatrice doit prendre des mesures pour vous permettre d’accéder à l’emploi et de le conserver.
- Le droit de retrait : comme tout salarié, si vous estimez qu’une situation de travail est dangereuse pour votre vie ou votre santé, vous pouvez quitter votre poste et exercer votre droit de retrait.
- Le droit à l’accompagnement : vous avez le droit de rester en contact régulier avec votre agence d’intérim pour signaler toute difficulté liée à l’ergonomie de votre poste ou à votre environnement de travail.
Handicap et travail temporaire : quelles sont les aides et ressources à connaître ?
Les organismes à connaître
- L’AGEFIPH : acteur majeur pour le secteur privé. Elle finance des aides à l’aménagement de poste, à la formation, au transport ou même à l’aide humaine pour les personnes en situation de handicap (ex. preneur de notes, lecteur).
- Le FIPHFP : l’équivalent de l’AGEFIPH pour le secteur public. Il intervient également pour financer des aides techniques ou humaines.
- Cap Emploi : spécialiste de l’accompagnement vers l’emploi des personnes en situation de handicap.
- France Travail : vous aide dans votre parcours professionnel, votre choix d’orientation et votre accès aux droits.
- Handicap Intérim : première filiale nationale dédiée au travail temporaire pour l’insertion des personnes handicapées.
Les aides financières à connaître
- Les aides et prestations sociales : l’allocation aux adultes handicapés (AAH), la prestation de compensation du handicap (PCH) et la pension d’invalidité.
- Les aides au déplacement : prise en charges d’une partie des frais de déplacement par l’Agefiph pour toute personne handicapée en retour vers l’emploi (financement du taxi, d’un véhicule adapté, d’indemnités kilométriques…).
- L’aide humaine en compensation du handicap : permet à une autre personne de vous accompagner pour favoriser votre autonomie.
- L’aide technique en compensation du handicap : accordée à l’employeur pour financer les moyens techniques qui améliorent votre autonomie professionnelle, comme des prothèses, un fauteuil, des équipements de sécurité, etc. Elle peut compléter l’aide liée à la reconnaissance de la lourdeur du handicap (RLH) qui finance l’aménagement optimal du poste de travail.
- L’aide au parcours vers l’emploi : coup de pouce financier pour prendre en charge une partie des frais que vous engagez dans votre parcours d’emploi (déplacement, hébergement, matériel de formation…).
Sources : Mon Parcours Handicap, ministère du Travail et des Solidarités, Agefiph.