Quels sont les risques de travailler au soleil ?
Que ce soit par temps caniculaire ou tout au long de l’année, les risques solaires impactent votre santé et sécurité au travail.
Les UV et la chaleur globale peuvent être dangereux et leurs conséquences se manifestent à court et long terme, parfois des années après la fin de votre carrière ou après un changement de mission d’intérim.
Les risques immédiats de l’exposition solaire prolongée sont :
- un coup de chaleur, une urgence médicale vitale causée par un manque de régulation de la température corporelle pouvant causer de la fièvre, des vertige et un malaise ;
- une déshydratation, causée par une transpiration excessive ;
- un coup de soleil (érythème), qui est une brûlure cutanée causée par les UVB ;
- des lésions oculaires (ophtalmie), qui provoquent des douleurs et des rougeurs aux yeux et qui peuvent modifier la vision.
À long terme, la répétition de l’exposition au soleil sans protection peut causer des cancers de la peau (expositions aux UVA et UVB), comme un mélanome ou un carcinome, une cataracte et un vieillissement cutané prématuré (taches brunes, rides…) (Source : Institut Pasteur).
La crème solaire seule est-elle efficace ?
Au risque de vous décevoir, appliquer une crème solaire à indice de protection 50 avant de commencer votre mission temporaire ne suffit pas. Si vous passez la journée en extérieur et en plein soleil, les risques sont toujours aussi importants. La protection solaire est un complément aux gestes de prévention recommandés. Appliquée seule, elle reste insuffisante, car, même avec un haut indice de protection, elle ne filtre pas à 100 % les UV (source : INCA).
Malgré tout, son application réduit les risques solaires et permet de protéger une partie de votre santé au travail. Le conseil des professionnels de santé : appliquer de la crème à haute protection 15 à 30 minutes avant chaque exposition, et la renouveler toutes les 2 heures.
Travail en extérieur : 3 gestes préventifs pour se protéger du soleil
Si votre mission de travail temporaire vous envoie à l’extérieur sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, si vous travaillez dans le BTP ou si vous exercez une profession qui a lieu en plein soleil, l’INCA propose 4 gestes de prévention pour réduire au maximum les risques solaires.
1. Rechercher de l’ombre sur votre lieu de mission
L’ombre est votre meilleure alliée contre les dangers du soleil. En cas de canicule, votre employeur a l’obligation légale d’assurer votre santé et sécurité au travail (article L. 4121-1 du Code du travail). Il doit vous proposer de l’eau fraîche, mais aussi plus de temps de pause et, plus globalement, prendre les mesures nécessaires pour protéger votre santé physique et mentale.
Pendant ces pauses, profitez-en pour vous mettre à l’ombre ou, s’il fait très chaud, vous mettre au frais. Moins vous passez de temps exposé directement au soleil, mieux c’est.
2. Éviter de s’exposer aux heures les plus chaudes
Travailler en horaires décalés est recommandé quand il fait très chaud, surtout pour les professionnels qui travaillent dans le bâtiment, comme les couvreurs et les ouvriers de chantier. Les heures les plus chaudes sont comprises entre 12h et 16h.
Toutefois, ne pas travailler l’après-midi est parfois impossible. C’est pourquoi vous pouvez mettre en place des gestes complémentaires pour améliorer votre confort et votre sécurité pendant les heures de travail :
- vous hydrater régulièrement. Il est recommandé de boire 2 litres d’eau par jour, même sans sensation de soif. Évitez les boissons sucrées et les stimulants, comme le café, qui augmentent le risque de déshydratation.
- Surveiller vos collègues et signaler tout malaise. Repérez rapidement un coup de chaleur : propos confus, absence de transpiration et rougeurs extrêmes.
- Organiser le travail quand c’est possible, en alternant entre des tâches lourdes et légères, en réservant les travaux les plus physiques le matin, et en mécanisant au maximum la manutention.
3. Adapter sa tenue vestimentaire
Quand il fait chaud, porter des vêtements amples ou plus courts peut vous aider à mieux supporter la chaleur et à vous protéger des UV. Mais ce ne sont pas les seules recommandations pour la prévention des risques professionnels en cas d’exposition prolongée au soleil. Pensez aussi :
- aux lunettes de soleil avec un filtre anti-UV pour protéger vos yeux ;
- à la casquette ou au chapeau pour réduire les risques d’insolation solaire ;
- au pantalon léger, ample avec une protection anti-UV si possible ;
- au T-shirt ou à la chemise à manches longues de couleur claire pour éviter les coups de soleil.
Dans l’idéal, privilégiez les matières respirantes comme le coton, et évitez les matières synthétiques non respirantes qui laissent passer les UV tout en retenant la transpiration.
Coach Issa :
Connaissez-vous la différence entre UVB et UVA ? Tous deux sont deux types de rayons ultraviolets émis par le soleil. Ils traversent l’atmosphère et atteignent la Terre, ce qui n’est pas le cas des UVC, qui sont aussi les rayons les plus dangereux.
Les UVA touchent la Terre à 95 %, tandis que seuls 5 % des UVB la touchent. Les UVA pénètrent la peau en profondeur, pouvant causer des lésions dangereuses et altérer l’ADN, et les UVB s’arrêtent à la couche superficielle de l’épiderme, pouvant malgré tout causer des brûlures et altérer l’ADN, ce qui augmente le risque de cancer de la peau.
Attention, les UVA peuvent traverser les nuages, le verre et la vitre. Vous n’êtes donc pas totalement protégé dans votre voiture ou en cas de ciel nuageux !
Conseils en plus pour se protéger du rayonnement solaire au travail
Les rayons du soleil ne sont pas vos meilleurs amis. Si l’exposition solaire est nécessaire pour synthétiser la vitamine D, une surexposition sans protection adaptée vous expose à de graves risques. Cependant, éviter totalement le soleil n’est pas conseillé non plus, et n’est pas toujours possible, surtout quand sa mission a lieu en extérieur.
C’est pourquoi, en plus des recommandations de l’INCA, vous pouvez aussi vous protéger du risque solaire en :
- utilisant des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés fournis par l’entreprise d’accueil, comme un casque avec visière anti-UV si vous travaillez sur un chantier ou un protège-nuque amovible.
- Aménageant des zones d’ombre artificielle : demandez à votre employeur de mettre en place une tonnelle, un voile ou un parasol.
- Restant vigilant quand vous travaillez près de certaines surfaces, car l’eau, le béton clair, le métal et le sable réfléchissent les rayons du soleil et augmentent les risques.
- Consultant régulièrement l’indice UV sur les applications de météo, car s’il dépasse 3, les mesures de protection solaire deviennent indispensables, même si le ciel paraît couvert ou nuageux, et ce, quelle que soit la saison.
En cas de perte de connaissance, de fièvre et de frissons ou de sentiment de malaise général, composez le 15. N’oubliez pas également que si vous vous sentez en danger grave et immédiat (coup de chaleur, par exemple), vous pouvez exercer votre droit de retrait et stopper le travail.
Prenez soin de vous, le soleil est encore de la partie !