Intérim et travail de nuit : modalités et fonctionnement
Travail de nuit, ce que dit la loi
Rappelons que légalement, tout travail effectué au cours d’une période d’au moins 9 heures de suite comprenant l’intervalle entre minuit et 5 heures est considéré comme du travail de nuit. .
D’après le Code du travail, le travail de nuit, en intérim ou pas, doit être exceptionnel et prendre en compte la santé et la sécurité des travailleurs. Il est justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique ou de services d’utilité sociale (article L3122-1 du Code du travail).
Pour être considérée comme du travail nocturne, une mission d’intérim doit :
- Commencer au plus tôt à 21h ;
- Se terminer au plus tard à 7h du matin.
Certains secteurs bénéficient de dérogations comme les établissements de vente au détail dans les zones touristiques internationales. La période de travail de nuit peut débuter après 22 heures.
Dans les limites mentionnées, un accord de branche ou d’entreprise peut également se suppléer à la règle. Une entreprise peut, par exemple, choisir de retenir 21h30 / 6h30 comme les horaires de travail de nuit.
Horaire de nuit : quelles conditions ?
Toutes les heures travaillées durant la période sont donc des horaires de nuit. Cependant, pour être considéré comme travailleur de nuit il faut remplir l’une ou l’autre de ces conditions :
- Travailler au moins 3 heures durant ces horaires de nuit au moins 2 fois par semaine.
- Travailler au moins 270 heures durant ces horaires de nuit pendant 12 mois consécutifs. Attention là encore, une convention ou un accord collectif peut définir un nombre d’heures minimales différentes.
Quel salaire pour les intérimaires travaillant la nuit ?
Alors, existe-t-il une majoration pour du travail de nuit en intérim ?
- De manière générale le travail de nuit est mieux rémunéré au taux horaire que le travail de jour.
- Les heures de travail effectuées entre 21h et 22h puis entre 5h et 6h sont souvent majorées de +10% (prime de nuit).
- Les heures de travail effectuées entre 22h et 5h connaissent une majoration qui dépend des conventions ou accords collectifs.
- Pour des heures de travail de nuit prévues à l’avance (que le travail soit habituel ou occasionnel), la majoration est souvent prévue est de +30%.
- Enfin si le travail de nuit est demandé le jour même la majoration est de 60%.
L’hôtellerie-restauration : des compensations pour les postes de nuit
Attention un secteur qui a souvent recours aux travailleurs intérimaires échappe à cette règle : l’hôtellerie-restauration, et plus précisémment la convention collective HCR (hôtellerie, cafés, restauration). Ce domaine exigeant des salariés disponibles en permanence, y compris la nuit, travailler de nuit ne donne droit à aucune majoration de salaire.
En revanche les travailleurs de nuit dans ce secteur bénéficient de deux jours de repos compensatoires supplémentaires par an. Pour en bénéficier, il faut être considéré comme travailleur de nuit et donc travailler au moins 3 heures de nuit 2 fois par semaine (280 heures par an). Un intérimaire qui travaille de nuit une fois par semaine ne pourra donc pas en bénéficier.
Horaires tardifs : des jours de repos compensateur
D’autres secteurs fonctionnent de la même façon. À défaut de majoration de salaire, les travailleurs de nuit peuvent bénéficier de jours de repos compensatoire. Pour le convention HCR, leur nombre est calculé comme cela (le barème varie selon la convention collective de chaque branche) :
- De 280 à 560 heures effectuées sur l’année : 1 jour de repos compensatoire
- De 561 à 840 heures effectuées : 2 jours de repos en plus
- Plus de 840 heures : 3 jours de repos en plus
En intérim, comme vous changez beaucoup d’entreprise, le temps de repos est proportionnel au nombre d’heures effectuées.
Travail intérimaire de nuit : les secteurs qui recrutent
Si vous préférez un poste de nuit plutôt qu’un poste de jour, en plus de la restauration, de nombreux secteurs ont souvent recours aux intérimaires pour des missions de nuit. Par exemple :
- Les livraisons (chauffeurs routiers, préparateur de commande)
- L’accueil et la surveillance (réceptionniste, gardien de nuit …)
- Les métiers de la santé (infirmier, brancardier, assistant médical…)…
Emploi de nuit : 15 conseils pour protéger sa santé
Le travail en horaires décalés peut avoir des conséquences sur votre santé physique et mentale. L’horloge biologique et le rythme circadien, influencés par la lumière, l’exercice et la prise alimentaire, peuvent se désynchroniser.
Résultat, vous pourriez développer du stress, un isolement lié à une vie sociale décalée, des troubles digestifs et des troubles du sommeil, voire des maladies graves (source : INRS sur le travail en horaires atypiques).
Pour prendre soin de votre santé, voici 15 conseils à mettre en place avant, pendant et après la mission de travail temporaire.
Avant de commencer la mission d’intérim
- Veillez à manger un dîner complet avec des protéines, des légumes et des glucides lents (pâtes, riz, pain complet). Et essayez de manger à des horaires réguliers. Votre estomac a besoin de régularité pour garder un rythme biologique.
- Faites dusportavant de partir au travail plutôt qu’après afin de profiter du coup de “boost” pour vous aider à tenir éveillé. Pourquoi ne pas profiter des tarifs “heures creuses” que pratiquent certaines salles de sport ? Et pour les exercices à privilégier, suivez les conseils de Coach Issa.
- En cas de somnolence au travail, faites une sieste de 90 minutes en fin d’après-midi pour mieux gérer la nuit à venir.
- Prenez le soleil pendant la journée pour bloquer la mélatonine (hormone du sommeil) et rester en alerte.
Pendant la mission d’intérim
- Pour vous tenir éveillé, assurez-vous que votre zone de travail soit bien éclairée.
- Bougez au moins toutes les deux heures si vous êtes à un poste assis.
- Ventilez bien les locaux, en évitant une atmosphère trop chaude ou trop froide.
- Les heures les plus difficiles sont entre 2h et 4h. Evitez d’être isolé, allez discuter quelques minutes avec un collègue ou faites une petite promenade.
- Evitez de manger des en-cas sucrés.
- Pour vous donner un coup de fouet, prenez plutôt entre 2h et 4h du matin une collation protido-glucidique comme du pain avec du poulet, par exemple. Vous pouvez l’accompagnez de légumes et de fruits.
- Buvez régulièrement de l’eau tout au long de la nuit.
- La caféine augmente votre vigilance mais ne buvez pas plus de deux tasses par jour et surtout, évitez d’en boire entre 4h et 6h avant d’aller dormir pour ne pas empêcher l’endormissement.
- Et n’oubliez pas que la durée du travail de nuit ne peut pas dépasser 8 heures consécutives sauf dérogation (Art. L3122-34) ni 40 heures par semaine, sauf convention et accord de branche (Art. L3122-35).
Après la mission d’intérim
- Si vous prenez un repas avant de vous coucher en rentrant de mission, prenez un petit-déjeuner léger.
- Couchez-vous rapidement sans lutter contre le sommeil. Il est important de bien dormir. Pour cela, mettez le plus de chances de votre côté. Tout d’abord, portez des lunettes de soleil pour éviter la lumière de jour quand vous rentrez chez vous. Ensuite, prévenez votre entourage, débranchez le téléphone et toutes sources de bruit intempestif, mettez des bouchons d’oreille, aérez la chambre et fermez rideaux et volets avant de vous coucher. Si possible, portez un masque pour simuler la nuit complète.
- Essayez d’avoir des rythmes de repos et de sommeil réguliers et de dormir soit 7 heures consécutives au cours de la journée, soit 5 heures complétées d’une sieste avant le départ au travail. Retrouvez ici d’autres conseils pour bien dormir en général.
- L’alcool détériore la qualité du sommeil.
- Après la dernière nuit de travail, dormez au maximum 4 heures le matin et faites sonner votre réveil afin d’arriver à dormir “normalement” la nuit suivante.
- Un conseil en plus : quand vous rentrez chez vous, agissez comme s’il était 22 heures (douche tiède, pas d’écrans pour la lumière bleue et repas léger).